On arrête les bêtises ? La saloperie que nous n'achèterons pas : le tatouage

Publié le 25 Septembre 2017

"Brandon" marquage violent des animaux au fer rouge - marquage des marques dans le cerveau des personnes du peuple - auto-marquage par choix d'un ou de plusieurs tatouages qui jamais ne disparaîtront...

"Brandon" marquage violent des animaux au fer rouge - marquage des marques dans le cerveau des personnes du peuple - auto-marquage par choix d'un ou de plusieurs tatouages qui jamais ne disparaîtront...

Le tatouage

Ces dernières décennies ont vu l'apparition massive de boutiques de tatouage, et ce jusque dans les campagnes. Quand j'étais enfant, les "tatoués" étaient quelques soldats professionnels, légionnaires, paras ou coloniaux, des ex-taulards ou quelques prolos fiers de montrer ainsi leur classe face aux bourgeois. Se faire tatouer exprimait alors une violence sociale. Mais aujourd'hui, le phénomène a radicalement changé. Les tatouages envahissent peu à peu toutes les classes même si, bien sûr, les plus fragiles sont comme d'habitude les premiers touchés. Les vedettes se chargent de montrer l'exemple dans les médias, les chanteurs, mais aussi les sportifs, et spécialement les nageurs qui dévoilent leur corps dénudé.

 

Carence identitaire

Aujourd'hui, le tatoué n'est plus l'irréductible marginal mais Monsieur et Madame Tout-le-monde. Ce qui était désigné hier comme "vulgaire" a toutes les chances d'orner le corps d'un de vos charmants enfants même s'il ne passe pas par la case légion étrangère ou la case prison. Inconscient de l'idéologie qui le formate, il y verra un signe de rébellion alors qu'il ne ferra que se greffer définitivement un symptôme d'une maladie de civilisation. Les tatouages, piercings et autres marquages du corps sont, sous nos climats, symptomatiques d'une souffrance, d'une défaillance dans la construction de l'identité. Ils vont chercher leur raison au plus profond de l'effondrement actuel : psychique, familial, social, civilisationnel... Ils cherchent a compenser une carence. la psychanalyste Véronique Hervouët le décrit ainsi : "Le manque à "être", c'est-à-dire le vide structurel intérieur qui habite l'être humain du fait qu'il parle. Les symptômes de cette carence identitaire s'expriment de multiples façons. Sous la forme de marquages du corps qui tentent de pallier l'effacement du sujet du langage et du désir : piercings, tatouages..." 

Dans une société où la personne est comprise comme un simple agent économique - un producteur consommateur dont on mesure le bonheur à l'aune de l'augmentation de la croissance -, les individus cherchent désespérément à retrouver les dimensions qu'on leur refuse, surtout inconsciemment. Il cherchent à combler les vides créés par la société marchande, car cette dernière les dépouille de leur identité et leur apporte des marchandises de substitution.

 

Libre avec ton corps ?

Nous sommes ici en plein dans l'idéologie des marques. A Casseurs de pub, nous avons souvent rappelé à travers nos campagnes "Rentrée sans marques" que la traduction de marque est "brand", qui vient de brandon, l'outil utilisé pour marquer le bétail. L'aboutissement en est le tatouage des logos de marques (Nikes, Adidas, etc.) que l'on voit apparaître sur les corps. On peut faire le rapport avec la cigarette. 99% des fumeurs commencent à l'adolescence. les cigarettiers fournissent un objet "pour se donner une contenance" lors d'un passage où les sujets ressentent une difficulté à être. Sauf que s'il est très difficile de sortir du tabac, enlever un tatouage relève carrément de la chirurgie. Heureusement, il est encore interdit en France de se faire tatouer le visage. C'est d'ailleurs un très bon argument face aux naïfs qui, traversés par un idéalisme forcené, sont persuadés d'être intégralement "libres avec leur corps". C'est le rôle de la société de protéger chacun, à commencer de soi-même.Y voir une attitude liberticide est d'une puérilité produite par l'idéologie libérale-libertaire. Le problème est bien là, nos cerveaux ont été tatoués symboliquement par les médias de la doctrine économiciste, et ces derniers semblent aussi difficiles à enlever qu'un vrai tatouage !

Raoul Anvélaut

 

reblogué et extrait de :

La décroissance - le journal de la joie de vivre N°93 octobre 2012

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