Le fantasme sexuel - débat psychanalytique

Publié le 26 Avril 2016

Le fantasme.

Le fantasme.

Les fantasmes sexuels

 

Thèse et Antithèse

Ils sont une réalité pour confirmer un conscient très relatif. Ils sont fondateur pour éventuellement proposer -  à chaque individu - une opportunité pour explorer son inconscient. Et plus loin, cerner les désirs inconscients dans leurs racines ainsi que dans leurs fondamentaux.  Dans sa part consciente il confirme le contenu manifeste comme dans le rêve. Ni plus ni moins.

C'est donc ce contenu manifeste qui masque et cache réellement les structure sous-jacentes des fantasmes (rêves sexuels éveillés). En d'autres termes, au-delà de l'analyse de surface (conscient), que signifie réellement les fantasmes dans l'histoire de l'individu ? Les fantasmes auraient à voir, ainsi, avec le retour du refoulé. La représentation refoulée de la pulsion séjourne dans l'inconscient et va s'y organiser. Sur un autre versant, une partie des fantasmes résisteraient au refoulement et ne seraient pas mis au jour... C'est ce que va nommer l'ombilic du fantasme comme l'ombilic du rêve - cette partie définitivement inatteignable -. Pour débattre avec plus de précision, chaque fantasme, pourrait s'apparenter à un lieu symbolique du corps du ou de la partenaire. Il s'agit, dès lors, de partialisation du corps avec des tentatives avortées de réunifier le partenaire. "Les pulsions partielles incarnant les pulsions orales, anales et scopiques. (" FREUD in "Trois essais sur la théorie de la sexualité"). Les fantasmes les plus communs, basiques, orthodoxes et conventionnels n'appelant  - éventuellement - qu'à une vie sexuelle conventionnelle.

Il est source de joie, d'aventures, d'émotions et de sensations fortes. Aussi d'ouverture d'esprit ainsi que de liberté dans la complicité avec le ou la partenaire. Et peu importe l'angularité de son orientation sexuelle. L'orientation sexuelle choisie, assumée et non subie étant par essence un fantasme à-priori. Egalement source de grande et de réelle intimité psychique il ne saurait que renforcer le lien à l'autre dans une essence toute particulière. Le dépassement et la complicité. Comme une espèce d'amitié de l'amour. Alors qu'au contraire l'amour n'a aucune amitié pour lui-même. - Le fantasme aurait pour tendance la fusion physique et psychique parfaite - . Il régente la confiance dans le plaisir ainsi que l'attachement réel à son objet, l'objet, le bon objet qui se soigne et que l’on soigne et qui se respecte : l'autre. Il serait dans son essence créateur d'altérité authentique dans le concept de réciprocité sublimée.

Au-delà de toutes formes de rôles, scénarios, mise en scène "cinématographique" dans le cadre de jeux érotiques; hormis les fantasmes féminins que je nomme les fantasmes d'impuissant(e)s sexuels. Et les fantasmes de la Sainte Vierge.  A savoir les jeux de plumes, de massages longs et sempiternels aux huiles diverses. Fantasmes de petites bougies décoratrices et non phalliquement pénétrantes. Les ou le fantasme doit s'appuyer sur des énergies sexuelles plus fondatrices. Ces fantasmes d'huiles et de plume gomment, désactivent la "putain" pour la sainte moralisée et castratrice. Cette femelle devenue mère au foyer empêcheuse de bander en rond. Activité-passivité fétichisme partialisé ou non jeux érotiques sado-maso où les deux acteurs se sentent aimés et désirés pour ce qu'ils sont. La névrose étant installée - ancrée - , encapsulée depuis des temps archaïques, il n'est donc pas utile de poser la question suivante : peut-on "guérir" d'un fantasme ? Comme toute blessure, comme toute névrose, l'être humain n'a comme outil que l'adaptation permanente pour survivre et ainsi générer l'illusion du bonheur.

Il est plus puissant que l'amour qui est un fantasme pénible et permanent voire un "devoir" moral (il faut aimer être aimé et être amoureux ?). Il illustre, l'amour, l'amour absolu de l'hypocrisie. L'amour ne guérit qu'illusoirement le drame de la solitude. Car ce n'est que quand la solitude est apprivoisée et qu'elle est devenue un confort - solitaire -  total qu'elle permet toutes les formes de liberté. La fuite de la solitude est, en fait, la pire des prisons. Seule l'acceptation de la solitude évoque un haut niveau de liberté. Car la solitude apprivoisée ou transcendée permet d'être un solitaire sans contrainte. Car "l'amour" dans ses mensonges permanents et dans son hypocrisie n'est qu'un vaste champ d'illusions, de leurres et de déceptions. L'amour ferait partie du consumérisme ambiant ainsi que d'un nivellement par le bas de la civilisation. Il faut être ok, sans personnalité, et surtout se fondre dans la masse sans personnification pour être... “aimé”.

L'amour est une projection et est probablement un des grands mythes dé-fondateur de notre civilisation malade et en panne. Issu d’une moralité illusoire, naïve et aussi et sans doute judéo-chrétienne. L'amour est une ineptie et il n'existe que dans les romans de gare. L'amour est immaturité. Alors que "respect" de l'autre ouvre à toutes les possibilités, valeurs,  ainsi qu'à toutes les créativités possibles. Donc, seules des valeurs émotionnelles ouvertes et humaines peuvent se rapprocher de l'idéalisation et du respect de l'autre. Cathartique, le fantasme devrait résoudre les problèmes et les frustrations de chacun. En effet chaque scénario imaginé puis vécu nous place dans les fixations de la sexualité diffuse (pour Freud la sexualité diffuse touche le bébé et la petite enfance ; elle n’est pas génitalisée et est principalement faite de sensations et de perceptions inconscientes).

Aussi il révèle les fixations, refoulements, désirs ou rejets de la phase orale et de la phase anale de la psychanalyse. Donc ne pas vouloir vivre ses fantasmes (on ne doit pas les réaliser - dixit la moralité coincée de la bien-pensance castrée et castratrice !), c’est nier, perdre définitivement et ainsi refouler une seconde fois son histoire…

 

Synthèse

Il est évident qu'hormis les fantasmes nécessaires à l'excitation pendant la masturbation, les fantasmes doivent être tous réalisés et vécus. Ils ajoutent une dimension puissante à l'élaboration du plaisir ainsi qu'à la jouissance finale. Son meilleur synonyme est : complicité. Humanité et maturité jouxtent au concept du fantasme. Que cette jouissance soit masculine ou féminine. Ceux qui disent que les fantasmes ne doivent pas être réalisés sont dans une position névrotique de refoulement, d'auto-castration, de force conventionnelle inutile sans doute pollués par l'une ou l'autre religion. Ainsi que par une moralité castratrice et étriquée. L'absence ainsi que le refoulement d'une sexualité créative, débridée ne génère que des hordes sauvages de refoulés frustrés ainsi qu'une haute présence de la violence ainsi que de la barbarie. L'énergie de la sexualité doit aller à son endroit; éventuellement, à l'endroit de la sublimation mais en aucun cas à l'endroit de la violence faite à un tiers ou à de la violence sociale.

Le fantasme permet le lien à l'énergie sexuelle à travers le mâle qui recherche le concept de "la putain" en quittant la fusion d'avec la mère originelle qui est castratrice car elle englue l'enfant dans la fusion. Ensuite vierge de toutes formes de pensées sexuelles dans l'imaginaire de l'enfant. "Toutes des putes sauf maman."  En effet sa femme devenue une "pure" femme au foyer est incarnée dans la mère de ses enfants et a perdu tout désir pour la sexualité. C'est la sainte. Et une sainte ne mouille pas comme une salope et n'écarte les jambes que pour enfanter. On retrouve sa mère originelle qui castrait l'enfant pas son trop de fusion. Maintenant il retrouve une seconde fois sa mère qui le castre une seconde fois comme mère et épouse parfaite mais désexualisée. Dans le rôle actif-passif, l'homme qui doit jouer avec "la putain" peut alors s'humaniser en changeant de rôle. Il peut, dès lors, si l'équilibre psychique est parfait entre les deux partenaires jouer le rôle passif sans peur aucune de perdre sa puissance phallique psychique. Puisque sa partenaire femelle l'a d'abord validé dans son rôle masculin-mâle en lui offrant son rôle de putain dévouée et jouissant sans honte.

Un fantasme assumé-partagé dans une éclatante complicité ainsi que dans un contenant rassurant ne saurait que participer efficacement à l'équilibre psychique de l'humanité. De l'être au social.  Nier la sexualité, sa propre sexualité revient à dangereusement nier la puissance de la vie. C’est la catharsis qui rend la vie possible dans sa clairière psychique.

Patrick FRASELLE

psychanalyste-psychothérapeute

25 avril 2016

 

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Sources :

De Wikipédia - texte ci-dessous

"Le fantasme — ou phantasme — est une manifestation, consciente ou inconsciente, d’un désir ou encore une fixation mentale pouvant, dans certains cas, conduire à des actes excessifs.

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Psychanalyse

Le fantasme se comprend comme une élaboration dérivée de plusieurs éléments, mettant en jeu différentes pulsions inscrites dans l'histoire du sujet. Le fantasme est la formation de compromis, il élabore différents matériels, dont certains sont conscients et d'autres non. Mais certains fantasmes demeurent inconscients. Le fantasme peut témoigner d'une fixation de la sexualité à un stade psycho-sexuel, comme le stade oral ou le stade anal. De ce point de vue, il est résultat d'une-régression.

La capacité à fantasmer signe une certaine normalité psychique : on peut soupçonner chez les patients psychosomatiques une défaillance de la fonction fantasmatique, repérée sous forme de pensée opératoire. Le fantasme permet ainsi une régulation psychique des désirs inconscients, nécessaire à la bonne santé mentale.

Dans le domaine de la sexualité, le fantasme est un scénario érotique, imaginaire ou non, provoquant une pulsion ou une excitation sexuelle au point d'être assouvie mais pas nécessairement, du fait de l'auto-censure morale, sociale ou religieuse. Dans un premier temps, on trouve le fantasme érotique. Ce type de fantasme permet d'obtenir de façon imaginaire certaines satisfactions difficiles à atteindre dans la réalité. Dans un second temps, l'autre type de fantasme est le fantasme sexuel, qui se veut l'expression tangible de cette sexualité."

Ecoutez cette intervention pertinente de Faluce Brichini. Excellente analyse contre la naïveté imposée par la moralité étriquée hypocrite ainsi que la violence judéo-chrétienne.

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Hélène Giarrizzo 01/05/2016 07:44

Excellente analyse et magnifique complémentarité avec Luchini...