Psychanalyse de l'écrivain écrivant par Patrick FRASELLE

Publié le 17 Mars 2014

Psychanalyse de l'écriture de l'écrivant

Comment le poète-écrivain est-il en lien avec l'écriture et la création ?

  •  

C'est ce que je vais risquer d'appeler :

l'écri-trituration.

Le poète Jacques IZOARD s'imposait d'écrire - chaque soir - deux poèmes avant d'aller quérir le sommeil. Et le matin, à la réveillade, inquiet il se disait :

"Qu'ai-je bien pu écrire hier soir ?"

  •  

 

 

 

 

 

 

 

    Comment j'écris ?

    J'écris du matin au soir de manière obsédante.

    Le jour pendant mon sommeil.

    La nuit pendant ma veille.

     

    Mes rêves sont autant encre que plume(s).

    Ancre, proue et poupe !

    Tampon encreur ?

    Tant pis je m'en tamponne la coquille-art d'édition.

    Mais "encrez" et dévorez donc une chaise en vous installant, le portail est tout vert...

    Priape ?

    La musique des mots se mêle des idées, des concepts, du sensible.

    Tout cela s'entrechoque.

    Le tout est informe, précis autant qu'approximatif.

    Quelle galère, je suis (sur) le navire !

    Ancre, encore !

    Cet excès d'informations provoque une pression psychique forte.

    Je dois (me) libérer.

    Féconder en plaçant mes ruminations morveuses - plus que les lettres ainsi que les syllabes - dans un ordre ou un désordre abouti.

    • L'artiste est probablement l'être qui est le plus en lien avec son inconscient.

    L'ensemble jaillit comme étant : sons, couleurs, enchaînements, enchevêtrements, mouvements du cœur, émotions et concept.

    Cette maturation mentale permanente me permet d'écrire excessivement vite.

    J'ai toujours pensé que si je devais "besogner" "chipoter" je n'écrirais pas.

    Il y a des écrivains qui besognent et de ceux qui chipotent.

    Ceux-là écrivent-popotent

    C'est leur conception de l'écriture.

    Je la respecte totalement (bien que...) mais ce n'est pas ma conception de la création.

    Quand j'écris un texte, il est souvent abouti à 95%.

    Cela ne veut pas dire que je ne travaille pas, que je ne me critique pas, que je ne me sabre pas, que je ne jette pas.

    Souvent, je peaufine, sculpte et cisèle les 5% qui font la différence mais jamais longtemps...

    Aussi, je peux laisser reposer l'œuvre quelques jours, pour attraper cette fameuse part manquante.

    L'amarre planquée, la part menteuse, la part mentie.

    Marin véritable ou "petit mousse" des syllabes ?

    La part manquante ?

    L’amarre en planque.

    Stabilité.

    En deux à trois jours, il se forme un formidable travail conscient-inconscient supplémentaire.

    Cela va renforcer la créativité du texte en chantier...

    J'écris une nouvelle d'une à deux pages en quelques minutes.

    Mes doigts allant moins vite que mon imagination, je me sens dès fois dans une espèce de burn-out !

    Je peux passer d'un style d'écriture à un autre sans aucune difficulté. C'est pour cela que je peux travailler à 6, 7 manuscrits totalement différents en même temps.

    Je me demande comment travaillent mes auteurs collègues ?

    Sont-ils à la hauteur ? Alors que beaucoup se contentent de basses esses...

    Plusieurs livres en même temps ?

    Un seul ou plusieurs styles d'écriture ?

    Par contre, bien que maîtrisant l'écriture de poèmes, de poèmes érotiques et de contes érotiques; pour moi, l'écriture que je trouve réellement la plus difficile est l'écriture de nouvelles pornographiques mais non vulgaires. Vivantes. La vulgarité libidinale peut n'être que poésie. C'est la peauésie En effet, pour ne pas rester au premier degré descriptif, il faut suffisamment d'habileté pour (d)écrire les événements, les faits ou les situations avec assez de détails, de réalisme, de cru, de crudité "chaude", d'animalité subtile pour que l'imaginaire du lecteur puisse "rentrer" dans la scène du jeu des corps.

    Le "JE" des corpu(e)s anagramme de croup(e)s.

    Le tout avec une imagination poétique qui ne prévaut pas sur l'écriture animale.

    Suffisamment absente et, à la fois suffisamment présente pour ne pas déforcer les forces instinctuelles misent en jeu. Il ne s'agit, dès lors pas, "d'enrober" pour édulcorer. Mais bien d'avoir assez d'interventions poétisées que pour transcender la sexualité. Sans la priver toutefois de sa puissance instinctuelle, électrique, lionne, suave et odorante : c'est toute la force pulsionnelle qui est ici mise en jeu, au-delà de tout discours possible mais non désiré sur le romantisme... universitaire...

    La peauésie doit sentir. Le romantisme - est - "dans les livres". Quant aux universitaires, demandez donc son avis avisé vivant vif ainsi que vivifiant à Louis-Ferdinand Céline...

    •  

    Intermède psychanalytique

    Comment fonctionne le cerveau des artistes ?

    Comment fonctionne le cerveau d'un écrivain, d'un poète...

    La sublimation selon Freud... 

    Quelle est l'origine du besoin de créer ?

    Quel est le processus par lequel la pensée, l'acte deviennent créateur ?

    Ce processus, c'est la sublimation; comme le terme l'indique, la sublimation est une tentative pour « f a i r e » l'acte ou pour parfaire l'acte, le distinguer absolument des actes courants, le rendre sublime, en un mot en soi-m'aime.

    C'est une véritable métamorphose de la pulsion sexuelle, laquelle est dérivée, dirigée vers des activités que la société valorise. Comme si le coït n’était qu’une œuvre-d’art honteux(se).

    Le débat entre Nature et Culture a encore de beaux jours derrière-lui.

    La sublimation est-elle une castration ?

    Est-elle une nouvelle forme du coït ?

    La psychanalyse n'a pas pour autant résolu l'énigme de l'art ni de la violence des hommes. Violence que partiellement sublimée. Et la catharsis, ce mensonge pulsionnel ?

    Selon Mélanie Klein, l'artiste est dans le désir de la créativité de la mère ?

    (???)

    Oui. Mais encore...

    Sa faculté de créer des enfants ou d'autres choses formidables à l'aide de la beauté ainsi que de la puissance de la créativité du féminin. D'ailleurs (la science populaire étant une "psychanalyse" avant la lettre), ne dit-on pas "accoucher" d'une oeuvre d'art, d'un tableau, d'un livre...

    Les artistes disent aussi souvent "mon bébé" quand ils ont produit quelque chose... Je parle de ceux, qui ont produit, évidemment, autre chose qu'un étron.

    Mais malgré cela, ça a encore et toujours du sens !

    La psychanalyse peut toujours en parler...

    La merde de notre société est dangereusement phallique !

    Etron-glement ?

    •  

    Patrick FRASELLE

    psychanalyste-psychothérapeute

     

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    Le 05 septembre 2014 for - texts, links and pictures - checked and locked and saved.

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